Caricatures
Au lendemain de la fête des amoureux, je ne voudrais pas casser l’ambiance mais réagir à une certaine tendance à une forme de « pensée unique » de l’achat public.
Modernisation, libéralisation, négociation…de l’achat public ne signifient pas, à mon sens, qu’en se bornant à copier les techniques de l’entreprise on créera obligatoirement de la richesse dans la méthode, l’organisation et la gestion.
Les organisations publiques ont leurs spécificités, une histoire, des pratiques, un rôle à jouer dans l’économie nationale, dans l’environnement, dans les relations sociales, culturelles…
Intégrer les pratiques des acheteurs privés est certes intéressant, lorsque celles-ci ont fait leur preuve, mais avec circonspection.
Faut-il le rappeler, la négociation n’était pas totalement absente de l’achat public avant les années 2000, la dématérialisation n’est possible que parce que l’Internet s’est développé depuis moins de 10 ans, les élus et fonctionnaires des collectivités territoriales ne se désintéressaient ni du prix, ni de la qualité de ce qu’ils achetaient avant le 21ème siècle.
Les pratiques publiques sont rythmées par des cycles décennaux, les années 80-90 furent celles de la gestion analytique et du contrôle de gestion, les années 90-2000, celles de la modernisation de la comptabilité et de l’expertise d’analyse, les années 2000-2010 seront peut-être celles de la modernisation de l’achat.
Les cycles précédents ont montré les limites d’une simple transposition des méthodes du privé vers le public.
Ne tombons pas dans la caricature, au risque qu’elle suscite le rejet. Le pouvoir adjudicateur est également une entité économique, avec ses spécificités. Le Code de 2006 n’est finalement qu’une boite à outils, un peu plus riche en outils polyvalents, comportant des notices d’utilisation plus souples pour les utilisateurs européens.
Mais on sait que l’on peut se blesser en utilisant mal un marteau ou un tournevis…