Vendredi 13 avril 2007
Lettre écrite le 17 septembre 1685 par Vauban à son ministre Louvois
« Monseigneur,
Il y a quelques queues d’ouvrages des années dernières qui ne sont point finies et qui ne finiront point, et tout cela, Monseigneur par cette confusion que causent les fréquents rabais qui se font dans vos ouvrages, car il est certain que toutes ces ruptures de marchés, manquements de paroles et renouvellement d’adjudication, ne servent à vous attirer comme entrepreneurs que tous les misérables ou donner de la tête, les fripons et les ignorants et à faire fuir ceux qui ont de quoi et qui sont capables de conduire une entreprise. Je dis de plus qu’elles retardent et renchérissent considérablement les ouvrages, qui ne sont que plus mauvais car ses rabais et bon marchés tant recherchés sont imaginaires, d’autant qu’il est d’un entrepreneur qui perd comme un homme qui se noie, qui se pend à tout ce qu’on peut en matière d’entrepreneur, c’est ne pas payer les marchands chez qui des matériaux, mal payer les employés qu’il emploie, friponner ceux qu’il peut, n’avoir que les plus mauvais parce qu’il se donne le meilleur marché que les autres, n’employer que les plus méchants matériaux, chicaner sur toutes choses et toujours crier miséricorde contre celui-ci ou celui-là.
En voilà assez, Monseigneur, pour vous faire voir l’imperfection de votre conduite.
Quittez la donc et au nom de Dieu : Rétablissez la bonne foi, donnez le prix des ouvrages et ne refusez pas un honnête salaire à un entrepreneur qui s’acquittera de son devoir, ce sera toujours le meilleur marché que vous puissiez trouver.
VAUBAN. »
Par DEBIEVE Christian
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Publié dans : achat public
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